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OSINT en 60 secondes — ce qu'un hacker voit déjà de votre entreprise

La reconnaissance OSINT est la première étape de toute attaque ciblée. Voici ce qu'un attaquant trouve sur vous en 60 secondes, sans rien faire d'illégal.

OSINT = Open Source Intelligence. Toute l'information publique qu'un attaquant collecte sur vous avant de lancer une attaque. Cette phase est invisible (aucune trace dans vos logs), légale, gratuite, et en 60 secondes elle révèle déjà 90% de ce qu'il a besoin de savoir.

Voici ce qu'un attaquant trouve sur votre entreprise quand il vous cible.

Les sources OSINT principales

1. Le DNS public

Votre nom de domaine est associé à plein d'informations publiques :

  • Tous vos sous-domaines révélés via les requêtes DNS, les bases de certificats SSL (Certificate Transparency logs), les archives web (Wayback Machine)
  • Vos serveurs email (MX records) — révèlent souvent votre fournisseur (Google Workspace, Microsoft 365, ProtonMail, OVH)
  • Vos IP publiques associées (records A et AAAA)
  • Vos plages d'adresses IP si vous avez votre propre AS (BGP)

Un attaquant ne brute-force jamais vos DNS. Il consulte des bases déjà constituées (Censys, Shodan, crt.sh) où votre infrastructure est répertoriée depuis des années.

2. Les certificats SSL publics

Chaque certificat SSL émis pour votre domaine est publié dans des logs publics (Certificate Transparency) consultables par tous. Cela inclut :

  • Tous vos sous-domaines, même internes (admin.entreprise.com, vpn.entreprise.com)
  • Les dates d'émission et d'expiration
  • Le nom de votre autorité de certification

Conséquence : impossible de cacher un sous-domaine derrière un certificat HTTPS. La création même du certificat est publique.

3. Les archives web (Wayback Machine)

Le site archive.org conserve des snapshots historiques de vos pages web. Un attaquant trouve :

  • Les anciennes versions de votre site (avec des liens vers des pages qui n'existent plus mais qui ont gardé leurs fichiers serveur)
  • Des commentaires HTML que vos développeurs ont laissés
  • Des chemins de fichiers anciens encore accessibles
  • Des informations de stack révélées dans les en-têtes HTTP historiques

4. Les moteurs de recherche spécialisés

  • Shodan : indexe tous les services exposés sur Internet (ports, bannières, versions). Tape simplement votre nom de domaine et tu vois tout ce qui est ouvert.
  • Censys : pareil mais avec d'autres scanners
  • Google dorks : site:entreprise.com filetype:pdf révèle vos PDF publics. site:entreprise.com inurl:admin cherche les pages admin.

5. Les fuites de données passées

  • HaveIBeenPwned : si un employé s'est inscrit sur LinkedIn, Dropbox, Adobe, MySpace, et que ces services ont été piratés, son email + mot de passe est dans des bases publiques achetables pour 10€.
  • Pastebin : combien de credentials, clés API, configurations sensibles sont publiées par erreur par des développeurs ?

6. Les réseaux sociaux

  • LinkedIn : qui sont vos employés ? Avec quels intitulés (admin systèmes, RSSI, développeur senior) ? Quels outils utilisent-ils (vu dans les compétences) ?
  • GitHub : vos développeurs ont-ils des dépôts publics révélant votre stack ? Des configurations leakées ?
  • Twitter/X : annonces tech, plaintes sur les outils, screenshots de produits internes

Ce qu'un attaquant déduit en 60 secondes

À partir de ces sources publiques uniquement, un attaquant établit en moins d'une minute :

Profil technique de votre infrastructure

  • Hébergeur (AWS, OVH, Cloudflare, etc.)
  • Stack web (WordPress 6.0 + nginx 1.18 + PHP 8.1 = chaque version a des CVE associées)
  • Service email (Google Workspace, Microsoft 365)
  • Outils internes exposés (Jenkins, Gitlab, Confluence si vous en avez et qu'ils sont publics)

Carte de votre surface d'attaque

  • Tous vos sous-domaines actifs
  • Tous vos sous-domaines abandonnés (les "trésors" pour les attaquants)
  • Vos environnements de test/dev s'ils sont exposés
  • Vos APIs publiques

Profil humain

  • Les noms et fonctions de vos employés clés
  • Leurs emails (déduits du pattern : prenom.nom@entreprise.com)
  • Leurs comptes sur des services tiers
  • Leurs mots de passe potentiellement leakés dans des breaches passés

Plan d'attaque

À partir de tout ça, l'attaquant construit son plan :

  • Phishing ciblé sur les employés clés avec un prétexte crédible (sait que vous utilisez Google Workspace → page de phishing imitant Google)
  • Brute-force sur les sous-domaines admin trouvés
  • Exploit CVE sur les versions techno identifiées
  • Spray attack avec les mots de passe leakés sur tous vos comptes employés

Tout ça sans avoir touché à votre infrastructure. Aucune trace, aucune alerte.

Comment se protéger

Réduire votre empreinte OSINT

  • Sous-domaines internes : utiliser un nommage non-révélateur. Pas prod-payments.entreprise.com mais srv-a47.entreprise.com. Ou utiliser un sous-domaine séparé non lié au principal.
  • Wildcard SSL : utiliser des certificats wildcard *.entreprise.com plutôt que des certs individuels pour chaque sous-domaine. Cache le détail de votre infrastructure.
  • Headers serveur : retirer X-Powered-By, Server version, X-AspNet-Version. Configurations standard mais souvent oubliées.
  • Pages publiques : auditer ce qui est indexable. Bloquer les pages admin via robots.txt ET via authentification.

Réduire votre empreinte humaine

  • Sensibiliser les employés au sur-partage LinkedIn (descriptions de poste trop précises sur la stack interne)
  • Auditer les dépôts GitHub publics — utiliser truffleHog pour détecter des secrets
  • Forcer le 2FA partout pour neutraliser les credentials leakés
  • Renouveler les mots de passe employés trouvés sur HaveIBeenPwned

Faire votre propre OSINT régulièrement

La meilleure défense, c'est de faire la même reconnaissance qu'un attaquant sur votre propre entreprise tous les mois.

ARGUS Security automatise cette phase : en 60 secondes, vous obtenez la même vision qu'un attaquant aurait de vous. Vous voyez vos sous-domaines exposés, vos technos identifiables, vos configurations email faibles, et les sous-domaines à risque (admin, dev, old, etc.).

L'idée n'est pas de devenir paranoïaque. C'est de savoir ce que voit déjà l'extérieur pour pouvoir le contrôler.

Ce que vous ne voyez pas, vous ne pouvez pas le protéger.